Louis Blériot

Yvan Boude, rédacteur en chef du Cnam mag'

Publié le 12 juillet 2019 Mis à jour le 23 juillet 2019

Ça aurait pu être l’une des questions du jeu des milles francs. « Lucette, de Bois-plage, vous demande qui fut l’homme de l’année 1909 : Eugène Schueller, créateur de la Société française de teintures inoffensives pour cheveux, devenue L'Oréal ; Robert Edwin Peary, premier homme à atteindre le pôle Nord ; ou Henri Poincaré, reçu à l’Académie française pour ses travaux scientifiques ? » Malgré l’aide appuyée du premier rang, les deux candidats, bercés par la mélodie du métallophone, seraient certainement restés cois.

Louis Blériot par C215

Louis Blériot par C215

Pas facile, en effet, de départager un inventeur, un aventurier et un immortel… Pourtant, à ce petit jeu-là, The Person of the Year aurait été « l’homme qui tombe toujours » alias le « roi de la casse » comme l’avaient surnommés - avec raison puisqu’en trois ans il totalisa pas moins de trente-deux crash - les chroniqueurs goguenards. En janvier, Louis Blériot fut ainsi l’inventeur d’un onzième prototype capable de voler 50 minutes ou de parcourir la quarantaine de kilomètres séparant Étampes de Chevilly. En juillet, il fut l’aventurier qui s’élança d’un champ près de Sangatte pour rallier les falaises de Douvres et ainsi boucler la première traversée de la Manche par les airs. En octobre enfin, il fut « immortalisé » en escortant son monoplan - auquel, bien inspiré, il avait donné son nom - au sein des collections du Conservatoire des arts et métiers, où il côtoie aujourd’hui encore la chauve-souris de Clément Ader. Demeure cette question, que n’aurait pas manqué de poser Lucien Jeunesse : qui, de l’homme ou de la machine, aura vraiment marqué l’année 1909 ?

La remise officielle du Blériot aux Arts et Métiers