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Remettre l’individu au cœur de son projet professionnel

Olivier Faron

Publié le 7 juin 2018 Mis à jour le 7 novembre 2018

Lors de la présentation en mars dernier des douze mesures pour transformer la formation professionnelle, Muriel Pénicaud, ministre du Travail, insistait sur l’impérieuse nécessité que celle-ci devienne « un droit réel individuel garanti collectivement ».

C’est bien le sens du renforcement, de la simplification et de la généralisation du compte personnel de formation (CPF) proposé par l’un des volets de la réforme et qui vise notamment à garantir l’individualisation des parcours. Encore plus qu’hier, les salariés comme les demandeurs d’emploi seront ainsi leurs propres prescripteurs de formation. Dans cette perspective, parmi les mesures annoncées, l’exemple le plus significatif est sans aucun doute la mise en place d’une application mobile depuis laquelle tout individu pourra non seulement choisir sa formation en comparant taux d’insertion, salaire prévisionnel ou appréciations des « alumnis » mais aussi s’inscrire sans intermédiaire, ni validation administrative.

Le Conservatoire ne peut qu’encourager cette volonté de mettre la formation tout au long de la vie, dont il est le principal opérateur public, à la portée de toutes et tous. Il existe pourtant un écueil important puisqu’on ne peut motiver son choix en s’appuyant simplement, comme pour un hôtel ou un aspirateur, sur l’avis plus ou moins éclairé d’un ancien « client ». Pour construire un parcours de formation cohérent avec son projet professionnel, il est en effet impératif d’être accompagné. Ce défi majeur, le Conservatoire l’a largement anticipé en signant par exemple, dès 2013, une charte garante de la qualité de l’offre de services et du droit à l’orientation professionnelle pour tous en s’appuyant sur la formalisation d’un modèle de services et la professionnalisation des acteurs en charge de l’accueil, de l’information, de l’orientation et de l’accompagnement (AIOA) dans l’ensemble de son réseau.

En janvier dernier, nous avons complété ce dispositif en inaugurant, en présence de Muriel Pénicaud, notre Fabrique des compétences. Celle-ci offre un guichet unique de l’accueil à l’inscription jusqu’au suivi du parcours pour proposer à chaque projet professionnel une réponse individualisée. C’est un lieu d’accueil et de vie, d’accompagnement et d’échanges, d’information et d’orientation, mais surtout un lieu d’émancipation et de promotion sociale par les compétences, compétences qui doivent être autant le socle que le cœur de la formation tout au long de la vie.

Ouvert à toutes et à tous, cet espace est l’un des symboles de ce qu’est le Conservatoire : un établissement d’enseignement supérieur singulier par son histoire et sa nature mais aussi par sa capacité à innover pour donner à chaque individu, quels que soient son âge, son origine sociale, son bagage antérieur... les moyens de réussir son projet professionnel et personnel. Espérons que comme pour d’autres projets qui ont vu le jour au sein de notre établissement, le principe de cette Fabrique des compétences puisse essaimer dans d’autres lieux, au-delà même de nos centres en région.

Par Olivier Faron,
Administrateur général du Cnam


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