Diplômé·e·s de l’expérience

Publié le 21 avril 2017 Mis à jour le 21 avril 2017

De bachelière, la voici devenue titulaire d’une licence professionnelle, tandis que lui vient de conquérir un titre d’ingénieur succédant au Diplôme universitaire technologique (DUT) dont il disposait jusqu’à présent. Leur point commun ? Pour faire reconnaître leurs compétences développées dans le milieu professionnel, tout deux ont réalisé au Cnam une démarche de validation des acquis de l’expérience (VAE), individuelle pour l’une ou par le biais de l’entreprise pour l’autre. Portraits croisés.

Lorsque l’on demande à Marlène ce que lui a apporté la VAE, la réponse fuse : « C’est une véritable satisfaction personnelle, et l’accomplissement de 13 ans d’investissement professionnel ! » À 35 ans, Marlène a déjà une longue expérience professionnelle dans le domaine peu courant du déménagement international. Détentrice d’un baccalauréat Sciences et technologies tertiaires (STT), elle s’est formée sur le terrain. Chargée de clientèle, elle coordonne les déménagements aux quatre coins de la planète. Jusqu’au jour où, désireuse d’effectuer un virage vers le transport d’œuvres d’art, le fine art, elle peine à décrocher un nouvel emploi. « J’ai alors pensé qu’avec un diplôme par la VAE, je pourrais justifier plus facilement mes compétences et convaincre plus aisément mes futurs employeurs. » À la recherche d’un organisme certificateur, c’est finalement sur le Cnam qu’elle jette son dévolu, pour passer une licence professionnelle d’organisateur·rice de transports multimodaux et internationaux de marchandises, en adéquation parfaite avec son nouveau poste.

Un accompagnement perfectionné

Et en juin 2014, elle entame le processus de façon individuelle, financée par le Fongecif1. Elle mettra un peu plus d’un an à franchir toutes les étapes. « J’ai choisi de prendre mon temps : il faut dire que je travaillais en parallèle », explique-t-elle. « J’ai consacré de nombreux week-ends et même des vacances, à préparer le dossier que je devais présenter au jury. Heureusement j’étais encouragée par mes proches. » Pour l’épauler dans sa démarche, la jeune femme est aussi accompagnée par une conseillère VAE du Conservatoire : « C’était une présence indispensable. Elle m’a proposé un planning, m’a rassurée. Son suivi était régulier. J’ai également participé à trois ateliers pour m’aider à la rédaction du dossier, à faire le lien entre l’expérience et les unité s d’enseignement qui composaient mon diplôme. C’était un moment de rencontre avec d’autres candidats important pour faire le point. »

Une démarche exigeante mais valorisante

La fierté d’avoir entrepris une telle démarche se lit aussi dans le discours de Bertrand. À 49 ans, ce responsable d’une unité opérationnelle de conducteurs de train chez SNCF s’est laissé séduire par la proposition que lui sou- met son entreprise. « Je ne pensais pas du tout à passer une VAE. Pourtant, je savais de quoi il s’agissait puisque je l’avais conseillée à un collaborateur. Je songeais plus au développement des compétences de mes équipes qu’aux miennes. Or, il se trouve que j’étais inscrit de longue date dans le vivier pour partir à l’international, ce qui nécessitait un diplôme d’ingénieur… » Titulaire jusque-là d’un DUT, il hésite à peine avant de se lancer dans la démarche sous la houlette du Cnam, en partenariat avec son entreprise. Cette VAE collective suit une procédure accélérée : en six mois, il décroche son diplôme. « Mais je ne mesurais pas combien c’était difficile et la somme de travail que cela représentait, notamment pour la rédaction. » Et pourtant, guidé par Gilles Maléfan, son accompagnateur au sein du Conservatoire, il se prend au jeu. Le travail introspectif sur ses compétences acquises le plonge dans ses souvenirs. « C’est très valorisant. Peu à peu, on se souvient de ses belles réalisations », note-t-il.

En décembre 2015, il soutient son dossier pendant une heure devant un jury composé de professionnels et d’enseignant·e·s. « La soutenance s’est bien passée. J’ai validé la totalité de mon diplôme d’ingénieur en exploitation ferroviaire. Mais après ça, j’étais tellement vidé physiquement que je ne retrouvais plus le métro ! ». Cerise sur le gâteau, il reçoit les félicitations non seulement de la direction internationale de SNCF mais aussi de la directrice régionale : « J’ai été très touché par la reconnaissance de cadres supérieurs et dirigeants ! ». Aussi, quand son accompagnateur académique lui propose de participer à de futurs jurys, il accepte, et avec plaisir !

[1] Fonds de gestion du congé individuel de formation

Aurélie Verneau
Rédactrice au sein de la direction de la communication du Cnam