Topographes solidaires

Publié le 6 avril 2017 Mis à jour le 21 avril 2017

Ils sont 39 filles et garçons, tous membres de l’association étudiante Topo sans frontières, au sein de l’École supérieure des géomètres et topographes (ESGT) qui fête cette année son soixante-dixième anniversaire. Cet été 2017, pour la quatorzième année, ils effectueront une mission de solidarité en Amérique latine, en Afrique ou en Asie, et réaliseront sur place des travaux topographiques essentiels avant des aménagements ou constructions.

Mission au Sri Lanka

Mission au Sri Lanka

Aider au recensement de l’habitat à Addis-Abeba en Éthiopie ou à l’implantation de réseaux d’eau potable à Alakamisy Ambohimaha à Madagascar, délimiter les bassins d’irrigation dans le nord du Sri Lanka… Autant de projets d’aménagement dans lesquels se lanceront cet été les 39 étudiant·e·s de l’ESGT membres de l’association Topo sans frontières. « C’est particulièrement enrichissant de réaliser un voyage humanitaire », avoue le président de l’association Gwénaël Quéré, l’un des rares membres à s’être déjà jeté dans l’aventure l’an passé, au Sri Lanka. « Au contact d’autres personnes qui n’ont pas grand-chose pour vivre, on prend du recul sur ce que l’on est. » Élaborées en partenariat avec d’autres associations, ONG, universités ou ministères locaux, leurs missions répondent à des besoins certains : qu’il s’agisse du Cameroun, de l’Éthiopie, du Guatemala, de Madagascar ou du Sri Lanka, ces cinq pays se distinguent par leur manque de moyens et une forte pénurie en géomètres. « Selon les pays, les objectifs varient. Mais ce sont souvent des missions inscrites dans la durée, qu’on poursuit d’une année à l’autre. Nous passons entre six à huit semaines sur place, logeant souvent chez l’habitant. Nous partons en petites équipes de trois à sept personnes, c’est suffisant pour les missions que nous réalisons », précise Gwénaël Quéré. Cependant, les bénévoles ne ménagent souvent pas leur peine : lors de la mission 2016 au Guatemala, ils ont enchaîné près de 40 heures de travail hebdomadaires.

Travaux topographiques, échanges et dons de matériel

Ces élèves ingénieur·e·s à la fibre solidaire ne se limitent pas à des travaux topographiques : ils mettent à profit l’occasion pour partager leurs connaissances avec des étudiant·e·s étranger·ère·s et apporter du matériel technique, comme des tachéomètres ou stations totales, ces appareils servant à mesurer les angles horizontaux et verticaux entre deux cibles, ainsi que la distance de ces cibles. « Il est toujours compliqué de trouver ce genre de matériel, note Gwénaël Quéré. Nous sommes en relation avec l’association de professionnels Géomètres sans frontières (GSF) qui nous aide à trouver les bons contacts. »

Une association star à l’ESGT

Ainsi si leur séjour n’a lieu qu’à l’été, les équipes sont loin de chômer dans les mois qui précédent leur départ où aux préparations logistiques s’ajoute la recherche d’un financement. « C’est la phase la plus importante de l’année au sein de l’association. Pour récupérer de l’argent, nous faisons appel à des entreprises de travaux publics, de géomètres. Et, nous organisons des tombolas…» Car si l’école leur prête un local, Topo sans frontières reste indépendante. Et cela dure depuis 2003, date de naissance de l’association dans la foulée d’une mission à Madagascar. « Quelques étudiants s’étaient alors constitués en association pour trouver des financements plus aisément », note Christophe Proudhom, directeur des études à l’ESGT. Depuis elle a su créer autour d’elle un véritable engouement : « C’est aujourd’hui l’association la plus importante après le Bureau des élèves et l’association sportive », poursuit-il. Et, ces missions s’inscrivent pleinement dans le cursus des étudiant·e·s de l’école ; « un déplacement à l’étranger sous forme de stage ou d’échange universitaire étant obligatoire au sein du cycle d’ingénieur ». Ce dernier dispose aujourd’hui d’une certaine notoriété dans le petit milieu des topographes et des géomètres. Avec quelque 300 étudiant·e·s peuplant chaque année ses salles de cours, l’école du Mans est ainsi l’une des trois écoles d’ingénieur·e·s agréées par l’Ordre des géomètres-experts pour accéder à cette profession et le seul établissement français à proposer une véritable double compétence en sciences techniques et juridiques au niveau master. Des aptitudes rares qui rendent d’autant plus vitales l’aide bénévole apportée par Topo sans frontières.

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Mission au Burkina Faso
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