Les enjeux de la formation professionnelle tout au long de la vie

Editorial

Publié le 14 avril 2017 Mis à jour le 14 avril 2017

Les prochaines échéances électorales offrent l’occasion d’un grand débat sur la formation professionnelle tout au long de la vie, derrière laquelle se cachent des réalités, des enjeux et des défis considérables pour les acteur·rice·s et les usagers, comme pour l’ensemble de notre société.

Au regard de la crise économique et sociale qui touche notre pays depuis plusieurs années, ce débat aurait même dû s’imposer de lui-même comme une absolue nécessité. La formation professionnelle n’a-t-elle pas fait ses preuves dans certains secteurs sinon dans d’autres pays comme un remède efficace au triple défi de la compétitivité, de la croissance économique et du plein emploi ?

Cette réflexion collective aurait certainement pu questionner l’urgence de sortir des schémas traditionnels qui privilégient trop souvent la formation initiale et où l’on pense que ce que vous êtes à vingt ans vous le serez encore à soixante ; appréhender, grâce à une meilleure articulation entre les deux, la formation professionnelle comme un tremplin naturel vers l’emploi ; envisager l’acquisition de savoir-faire et de savoir-être aussi bien comme un moyen efficace de lutter contre beaucoup de formes de discriminations que comme un outil de développement personnel et professionnel ; expérimenter d’autres modèles d’apprentissage des compétences et de validation des connaissances ; impulser une nouvelle promotion sociale, un nouvel ascenseur social...

Malheureusement, à l’heure où j’écris ces quelques lignes ce grand débat national n’a pas encore été assez ouvert. Le développement d’une formation professionnelle efficiente, novatrice et inclusive, au plus près des besoins des individus, des entreprises mais aussi des territoires, nécessite pourtant la mobilisation de toutes et de tous. Elle doit être structurée autour d’un projet partagé qui s’inscrit dans un écosystème cohérent et performant, et répond aussi bien aux aspirations des individus qu’aux besoins de la collectivité. La loi de mars 2014 relative à la formation professionnelle, à l’emploi et à la démocratie sociale, celle d’août 2016 relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels mais aussi l’appel à manifestation d’intérêt pour le développement de la formation continue dans les établissements d’enseignement supérieur vont dans ce sens. Mais, il apparaît aujourd’hui nécessaire d’aller plus loin.

C’est pourquoi les candidat·e·s comme les médias doivent se saisir de l’occasion offerte par les campagnes électorales successives que va connaître la France en 2017, pour réaffirmer avec force l’importance de la formation professionnelle tout au long de la vie. Heureusement, il n’est pas encore trop tard !

Olivier Faron
Administrateur général du Cnam