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Guerre et choléra

Publié le 1 septembre 2017 Mis à jour le 25 octobre 2017

Le choléra, maladie d’une autre époque ? Pourtant, le Yémen connait aujourd’hui une des plus grandes épidémies des dernières décennies. D’avril à août 2017, plus de 500 000 personnes ont été touchées par l’épidémie, pour moitié des enfants. Professeur du Cnam et directeur de l'unité d'épidémiologie des maladies émergentes à l'Institut Pasteur, Arnaud Fontanet nous en décrypte les causes.

Le choléra est une maladie diarrhéique dûe à une bactérie, Vibrio cholerae, transmise lors de la consommation d’eau ou de nourriture contaminées par des selles. Il se développe donc volontiers parmi des populations en situation précaire vivant dans des conditions d’hygiène rudimentaires. C’est le cas au Yémen, où 15 millions de personnes sont privées d’un accès régulier à l’eau potable suite à un conflit qui oppose depuis deux ans les rebelles au Nord aux forces pro-gouvernementales au Sud.

Le traitement du choléra est simple, et repose avant tout sur la réhydratation par voie orale, les perfusions et les antibiotiques étant réservés aux cas les plus sévères. Mais dans un pays où la moitié des centres de santé sont devenus non fonctionnels suite à la guerre, et où 500 000 enfants souffrent de malnutrition sévère, plus de 2 000 morts sont déjà à déplorer, et se rajoutent aux 10 000 morts attribuées au conflit armé.

Quelles priorités pour endiguer l'épidémie ?

L’urgence est à la restauration d’un accès à l’eau potable, et à la prise en charge des patients. Plusieurs organisations internationales (dont l’Organisation mondiale de la santé et l’Unicef) et non gouvernementales (dont Médecins sans frontières et Oxfam¹) se mobilisent aux côtés des personnels de santé locaux, qui pour la plupart n’ont pas reçu de salaire depuis début 2017. La désinfection des réserves d’eau avec des produits chlorés, et la création de centres de réhydratation sont les priorités du moment. Un temps envisagée, la distribution d’un million de doses de vaccin aux populations encore indemnes a été abandonnée car trop tardive. Et, trop complexe logistiquement dans un pays où la circulation des équipes de soins est rendue difficile par la guerre.

Le Yémen n’est pas le seul pays actuellement touché par le choléra : sont également concernés le Nigéria, la Somalie, le Soudan et le Soudan du Sud, tous au cœur de conflits armés.

Par Arnaud Fontanet
Professeur du Cnam,
Chaire Santé et développement,
directeur de l'unité d'épidémiologie des maladies émergentes à l'Institut Pasteur

[1] Oxfam est une confédération internationale de 20 organisations indépendantes agissant contre les injustices et la pauvreté. Créé en 1942, Oxfam signifie "Oxford Committee for Relief Famine".


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2 commentaires

  • 1

    De Charlène
    21/09/2017, 11:30

    Article très intéressant sur un phénomène encore très peu relayé dans les médias.
  • 2

    De Admin Cnam blog
    21/09/2017, 11:35

    Merci beaucoup pour cet encouragement !

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