Ces formations auxquelles on ne pense pas

Publié le 6 avril 2017 Mis à jour le 12 avril 2017

Disséminées dans l’ensemble de son réseau, répondant à des besoins spécifiques d’un bassin d’emploi ou d’une filière professionnelle, certaines formations dispensées par le Conservatoire présentent un profil atypique et préparent à des métiers surprenants : styliste modéliste de chaussures, responsable d’une unité de transport fluvial, chef·fe de projet en packaging, chargé·e de diversité… Ces formations ont pourtant comme thèmes des objets ou des préoccupations ancrées dans notre quotidien.

Tout observateur attentif pourra faire ce constat : s’il est une chose que le Cnam n’aime pas, ce sont les sentiers battus. Toute son activité peut en témoigner puisque l’établissement accueille, accompagne et forme celles et ceux qui n’ont pas eu la chance, ou l’opportunité, de suivre la « voie royale », ou plus simplement une ligne droite, dans le cadre de leur cursus puis de leur vie professionnelle. Acteur de la formation tout au long de la vie et de la promotion sociale, partenaire de ceux qui décident de prendre leur destin en main, le Conservatoire est ainsi animé par une philosophie qui lui fait tourner son regard dans les directions que d’autres ignorent. Comment s’étonner alors qu’au cœur de son réseau territorial, il propose des formations qui sortent des cadres conventionnels ?

Un conservatoire des savoir-faire

Parmi elles, les formations de styliste modéliste de chaussures et de responsable produit et marketing de la mode, proposées en Pays de la Loire par l’Institut Colbert, qui affichait, du 6 juillet au 21 septembre 2015, les créations de certains de ses élèves lors d’une exposition présentée sur les grilles de l’établissement parisien. Grâce à cette initiative, beaucoup ont pu découvrir cette offre de formation dans un domaine qui, dans une France pourtant championne de la Mode, tend à se faire rare.

Tout aussi nécessaire, la formation de technicien·ne supérieur·e en logistique et transport international à dominante fluviale, dispensée par l’Institut supérieur de la navigation intérieure (Isni) en Normandie et en Bourgogne. Formant à la circulation fluviale sur des bateaux écoles, suspendant l’obtention du diplôme au passage du permis de navigation, ce cursus propose également des cours avancés en logistique et transport international de marchandises, pour permettre une maîtrise des aspects théoriques et pratiques du métier. Alternative au transport routier, ce secteur peine pourtant à recruter et fait appel, pour maintenir sa flotte en état, à des entreprises belges ou néerlandaises. Ainsi, la question du développement de ces formations vers des filières dédiées à l’entretien des bateaux est actuellement à l’étude.

D’autres formations du Cnam se distinguent par l’originalité de leur spécialisation, comme le titre d’ingénieur·e en génie des matériaux pour l’emballage, à la croisée des sciences dures et du marketing, proposé en Poitou-Charentes en partenariat avec l’Institut supérieur ingénierie et packaging (Isip). De l’étude des propriétés de la matière à la conception de design ergonomiques, ce cursus, dont l’effectif est à 80 % féminin, permet de développer des compétences transverses, appréciées par les agences de prestataires et les directions R&D des grands groupes industriels.

Précurseur de formations nécessaires

Pour d’autres formations, la rareté est l’expression de la capacité de l’établissement à être l’un des seuls à identifier quelles tendances actuelles deviendront demain des réelles nécessités. Par exemple, le certificat de spécialisation Chargé·e de diversité, créé en 2014, répond aujourd’hui aux exigences de la nouvelle loi relative à l’égalité et à la citoyenneté entrée en vigueur en janvier dernier, qui impose notamment que les employé·e·s chargé·e·s des missions de recrutement reçoivent une formation à la non-discrimination à l’embauche dans les entreprises d’au moins trois cents salarié·e·s et dans toute entreprise spécialisée dans le recrutement.

De son côté, le certificat de spécialisation Correspondant·e informatique et liberté (CIL), lancé en 2013, prépare à un métier innovant et en fort développement, qui constitue un nouveau débouché dans les métiers du droit. Il anticipe en outre la réforme européenne du droit à la protection des données qui sera applicable en France en 2018 et rendra obligatoire, dans un certain nombre de cas, la désignation d’un·e correspondant·e informatique et liberté.