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Petits conseils aux scientifiques souhaitant se reconvertir en personnage de bande dessinée

Chronique

Publié le 11 juillet 2017 Mis à jour le 30 août 2017

Chronique publiée dans le Cnam mag' n°2, en juin 2015.

© Dargaud - Antoine Aubin

© Dargaud - Antoine Aubin

Qui ne connaît pas Tryphon Tournesol, Pacôme de Champignac ou Jonathan Septimus ? Qui n’a jamais croisé l’un de ces personnages au détour d’une aventure de Tintin et Milou, Spirou et Fantasio, Blake et Mortimer ? Qui n’a pas souhaité, à moins d’estimer que le neuf de neuvième art désigne l’âge limite à partir duquel il est inimaginable de s’adonner à de si frivoles lectures, devenir un personnage de bande dessinée ? Sans prétendre dresser en quelques lignes l’archétype de la figure du savant dans ces grands classiques franco-belges, voici néanmoins trois conseils aux scientifiques désireux de rejoindre cette grande famille.

1 : Aiguisez votre sens comique. Rares sont en effet les savants qui accèdent au statut de héros à part entière comme Festus, Cosinus ou Léonard. Pour prétendre avoir une série à votre nom, l’important réside avant tout dans votre capacité à enchaîner les effets comiques, peu importe qu’ils soient de situation, de langage ou de geste. Si vous cultivez de surcroît une apparence « loufoque » ou désuète ainsi qu’une imperturbable distraction, vous disposez alors de tous les atouts nécessaires pour inscrire votre patronyme en couverture.

2 : Cultivez votre portefeuille d’inventions. L’humour n’est pas votre seconde nature ? Tout n’est pas encore perdu si vous acceptez toutefois de ne jouer que les seconds rôles. Il vous suffit pour cela d’abandonner toute recherche fondamentale – le raisonnement, scientifique ou non, restant l’attribut distinctif du héros– pour vous concentrer sur ses applications concrètes. Car, bien plus que vos connaissances scientifiques, votre acuité intellectuelle ou vos publications dans des revues à comité de lecture, c’est d’abord votre capacité à innover qui vous assurera une place indispensable tout au long d’un album sinon d’une série. Qu’elle soit bénéfique ou maléfique, précurseure ou farfelue, votre invention deviendra en effet pour le héros soit un prétexte idéal pour partir à l’aventure, soit un moyen infaillible pour la mener à son terme. Objectif lune n’aurait, par exemple, jamais vu le jour sans la fusée lunaire à propulsion nucléaire de Tournesol, Le Repère de la murène sans le petit sous-marin monoplace du conte de Champignac, ou La Marque jaune sans le télécéphaloscope permettant au professeur Septimus de manipuler à distance l’esprit humain.

3 : Dévoilez d’improbables découvertes. Difficile, me direz-vous, d’être à l’origine d’une multitude d’inventions lorsque « sa » science est basée sur l’explication, la classification ou l’observation. Dans ce cas, il vous reste néanmoins une dernière planche de salut pour bénéficier d’un double de papier : être à l’origine d’une incroyable découverte capable d’amorcer un récit. Qu’importe alors que vous soyez astronome, anthropologue ou égyptologue pourvu que vous dévoiliez un aérolithe annonçant la fin du monde comme Hippolyte Calys dans L’Étoile mystérieuse, perciez le secret des Jivaros réducteurs de tête comme Alfred Solfatares dans Les Petits formats, ou déchiffriez un papyrus évoquant la chambre d’Horus et le trésor d’Aton comme Ahmed Rassim Bey dans Le Mystère de la grande pyramide.

Par Yvan Boude,
Directeur de la communication


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