Machines à dessiner... attention au départ !

Portfolio

Publié le 22 novembre 2016 Mis à jour le 28 juin 2017

Après avoir conçu la scénographie de la station de métro Arts-et-métiers (ligne 11) en1994, à l’occasion du bicentenaire du Conservatoire, François Schuiten et Benoît Peeters posent leurs cartons à dessins au Musée des arts et métiers. L’occasion, pour les deux complices et auteurs des Cités obscures ou de Revoir Paris, de dévoiler une part de leur imaginaire en conviant les visiteurs à un voyage initiatique entre objets scientifiques ou techniques et images rares ou inédites. Car c’est bien d’un voyage dont il s’agit...

© Musée des arts et métiers - Hélène Mauri

© Musée des arts et métiers - Hélène Mauri

Le quai d’embarquement a pris place, jusqu’au 27 février 2017, au Musée des arts et métiers. Sitôt quitté la station de métro « Nautilus », dont l’atmosphère plonge d’emblée le voyageur dans les entrailles d’une machine toute de cuivre vêtue, c’est l’incroyable scaphandre des frères Carmagnolle, prêté pour l’occasion par le Musée national de la marine, qui joue les contrôleurs d’un jour. Puis, débute le véritable voyage dont l’itinéraire serpente entre les objets patiemment choisis par les deux artistes dans les réserves du musée et les illustrations de François Schuiten. Dans une atmosphère intime, le voyageur quitte alors les chemins de traverses pour être irrémédiablement entraîné à la frontière invisible entre l’univers fantastique du dessinateur des Cités obscures et le monde réel des sciences et techniques. La machine, ici une majestueuse locomotive type 231 Pacific, là une machine à dessiner d’après nature dite « vitre italienne », plus loin un dendromètre pour mesurer le diamètre et la hauteur des arbres... dévoile son pouvoir de fascination. Elle devient aussi une source d’inspiration et révèle sa capacité à provoquer l’imagination du dessinateur, qui a « besoin de sentir quels matériaux, quel projet, quel imaginaire sont à l’œuvre » dans une machine avant de s’en saisir. Comme tout voyage celui-ci à malheureusement son terminus, ou plus exactement son dessein : une salle de dessin avec des tables, du papier et des modèles. Car, pour François Schuiten, cette exposition n’a pour seule ambition que de faire résonner le goût du dessin et le plaisir qu’il peut procurer, de les mettre en scène. Certainement parce que « quelle que soit l’évolution des outils, de la table à la tablette, le dessin n’est pas un acte du passé, c’est une manière plus actuelle que jamais de regarder le monde pour mieux le comprendre ».

Création d'une affiche

L'affiche de l'exposition Machines à dessiner a été photographiée à toutes les étapes de sa réalisation. En exclusivité pour le cnam mag', François Schuiten a livré les secrets de cette illustration, de l'esquisse à la mise en couleur.

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Une image qui s'est imposée d'elle-même – « Dès le début, j'avais à l'esprit les principaux éléments qui allaient constituer cette affiche. Notamment les machines pour lesquelles j'éprouve une certaine affection, et plus particulièrement le planétaire qui dispose d'une présence graphique évidente. Et, à partir du moment où nous avions quasiment la certitude d'avoir dans l'exposition l'extraordinaire scaphandre des frères Carmagnolle, sa présence s'est imposée d'elle-même, au point de devenir la clé de voûte de l'affiche. »
© Casterman - François Schuiten

 

Yvan Boude


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