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Julie avait la tête dans les étoiles, avec le Cnam, elle les touche des doigts !

Portrait de Julie, ingénieure en aéronautique et spatial

Publié le 13 juillet 2017 Mis à jour le 13 juillet 2017

Pour celles et ceux qui s’en souviennent, c’était l’une des accroches de la campagne dédiée à l’apprentissage en 2013-2015. Julie, c’est cette jeune femme blonde qui, alors apprentie ingénieure en aéronautique et spatial, avait accepté de promouvoir le Conservatoire. Certains pourraient penser qu’elle est un peu narcissique, qu’elle aime se mettre en avant… d’autant plus qu’elle a aussi été « ambassadrice » pour Airbus, chez qui elle a effectué son apprentissage. En fait, Julie est une jeune femme qui aligne les paradoxes. Elle déclare être timide, mais accepte de s’exposer dans ces rôles. Elle se définit comme discrète, mais revendique son petit caractère.

© Pixel Buddha

© Pixel Buddha

C’est d’ailleurs selon elle ce qui lui a permis d’exister dans le milieu encore très masculin de l’aéronautique. Ce qui est certain, c’est que parcourir avec succès toutes les étapes qui l’ont menée vers son titre d’ingénieur, a renforcé sa conviction : « Bats toi pour tes rêves, mais n’oublie pas de t’émerveiller lorsqu’ils se réalisent ».

Son épiphanie aéronautique survient à 14 ans, lors de la visite de l’usine d’assemblage des Airbus A380 à Toulouse, mais son rêve de plus-lourds-que-l’air aurait pu s’écraser bien vite : elle est orientée en série ES au lieu de S et sa vocation bat de l’aile. Pourtant, elle rattrape vite ce léger décrochage après son bac, en se lançant d’abord dans une remise à niveau scientifique à l’Université d’Orsay, puis dans un DUT Mesures physiques et enfin dans les trois ans de formation à l’École d’ingénieur·e du Cnam (EICnam).

Modestement, Julie assure que rien ne la distingue, et qu’elle n’est surtout pas plus intelligente qu’un autre. Son secret ? Son enthousiasme. « Avec la motivation dont vous faites preuve, nous sommes obligés de vous prendre », lui dira la psychologue qui lui fait passer l’entretien d’admission à l’EICnam. Idem pour Airbus : « Je suis arrivée avec un grand sourire en leur disant : "C’est ce que je veux faire". Ça devait tellement se voir que j’avais envie d’être là ! ».

Et on comprend. Que ce soit lors de ses participations aux vidéos, aux séances photos et même lors de notre entretien, son enthousiasme est communicatif. Elle est exactement à sa place, au milieu de ses rêves de machines volantes. Pourtant, elle rechigne à parler d’elle, mais accepte parce qu’elle a la conviction de l’importance de ses messages : encourager les plus jeunes à oser croire en eux, soutenir les jeunes femmes qui hésitent à se lancer dans des études scientifiques. Elle s’anime. Elle qui se définit comme très peu politisée n’hésite pas à hausser le ton pour défendre ses convictions. Elle voudrait une orientation plus attentive au potentiel des élèves, moins à leurs résultats à un moment donné.

À force de creuser le sujet avec elle, on parvient enfin à lui faire se reconnaître une qualité : elle a le don de transformer en moteurs ses échecs. Comme lorsqu’elle se retrouve tétanisée lors d’un examen oral en première, incapable de parler. Elle garde cet épisode en tête et construit dessus un mantra : « plus échouer ».

Mais son discours n’est pas naïvement individualiste. Elle sait l’importance d’être soutenue, elle qui s’est battue pour gagner de l’assurance. Lors de son passage chez Airbus, elle est volontaire pour participer à des ateliers avec des écoliers. Elle leur présente son métier, et les aide à imaginer leur avion du futur. Et leur répète, inlassablement : « Toi aussi, tu peux le faire ».

Par Victor Haumesser


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