Former à l’art de la chaussure et de la mode

Publié le 5 mai 2017 Mis à jour le 22 mai 2017

Premier centre français de formation supérieure Chaussure-habillement, l’Institut Colbert accompagne depuis bientôt 30 ans les futur·e·s stylistes modélistes et cadres de l’industrie de la chaussure. Sous la houlette de professionnels de la mode, tous et toutes sortent opérationnel·le·s et polyvalent·e·s. L’offre de formation s’enrichit à la rentrée prochaine d’un bachelor Gestion de l’innovation dans les entreprises de mode.

© Justine Hay - Lookbook

© Justine Hay - Lookbook

Fin avril. Justine vient d’achever ses examens clôturant sept mois d'intense formation. Dans quelques jours, elle entamera un stage de six mois chez un fabricant qui souhaite créer deux nouvelles marques pour femmes. Un défi de taille suscitant l’enthousiasme de la jeune femme, qui a fourbi ses armes au sein de l’Institut. Depuis septembre, l’apprentie styliste a en effet enchaîné 987 heures de formation, dont plus de la moitié passées au sein l’atelier. Comme ses camarades, elle a appris à fabriquer les modèles masculins d’abord, puis féminins, et enfin enfants, avant de choisir une cible en module libre, toujours sous la direction d’intervenant·e·s professionnel·le·s de la mode. « On souhaite que chaque élève possède de belles connaissances techniques et soit polyvalent, qu’il acquière une solide connaissance du produit de la création à la distribution afin de proposer des produits adaptés au marché », souligne Élisabeth Léculeur, la directrice de l’Institut. L’anglais est aussi très présent. « Une nécessité, car au sein des entreprises, le styliste devra savoir vendre sa collection et produire des modèles adaptés en France et à l’étranger. » Au cours de cette année, elles et ils ont développé leur marque, en réfléchissant à son storytelling, son positionnement sur le marché, et créé leurs prototypes. « On nous a appris à monter une collection afin qu’elle soit cohérente avec l’ADN de la marque », explique Marion Poisson, diplômée en 2013. « On nous laisse beaucoup de liberté créative tout en nous rappelant les impératifs économiques et techniques pour nous cadrer », ajoute Justine Hay.

Deux formations dédiées à la mode

Délivré par la Fédération française de la chaussure, ce certificat de qualification professionnelle Styliste modéliste chaussures accueille chaque année une quinzaine d’étudiant·e·s. Mais il n'est pas la seule formation proposée : à la rentrée d’octobre 2017, un bachelor Gestion de l’innovation dans les entreprises de mode en partenariat avec Esmod International. « Ils seront une vingtaine d’étudiants, sélectionnés sur dossier. Le but est de former des cadres intermédiaires opérationnels, possédant à la fois des compétences techniques et managériales, favorisant la génération d’innovations en phase avec les attentes de la société », précise la directrice. Ils et elles occuperont des fonctions de création, marketing et vente dans les entreprises de mode. Seul prérequis : posséder un niveau bac+2 ou une expérience professionnelle significative. La motivation est décisive pour faire la différence.

Des projets d’ampleur

Nombreuses sont les entreprises à confier des projets tuteurés, qui courent sur plusieurs mois, à ces passionné·e·s de mode. « Ce sont souvent des projets d’ampleur ! La marque WAY d’IKKS nous a par exemple demandé d’élaborer des préconisations communication et un lookbook pour la cible des 10-14 ans, réputée difficile à atteindre. Suite à cela une marque a même été lancée ! Dans un autre genre, un groupe d’étudiantes a créé et animé une boutique éphémère, trois jours durant, au prix de 500 heures de travail », révèle Élisabeth Léculeur. S’ajoutent à cela des workshops créatifs avec mise en situation, la participation à des salons de professionnels, un business game de 40 heures, des visites d’entreprises et d’ateliers, des conférences, etc. Autant de projets qui laissent transparaître le lien de confiance entretenu avec les professionnel·le·s du secteur.
C'est ainsi que la pédagogie de l’école a été pensée, depuis sa création à Cholet en 1989, et poursuivie lors de son rattachement au Cnam Pays-de-la-Loire en 2001. Ce n’est pas un hasard si l’Institut a vu le jour dans cette région, où un tiers de la production française de la chaussure est assurée. L’Institut est ainsi aux premières loges pour être en adéquation avec les besoins du marché. Un positionnement que le Conseil régional et la Communauté d’agglomération du choletais, qui soutiennent l'Institut, ont bien compris.

Diversité des profils

Si les filles y sont majoritaires, les promotions successives cultivent un bel éclectisme. À l’image d’Anthony Veillard qui, à 22 ans, a réalisé un virage à 90 degrés après sa maîtrise d'éco-gestion, en choisissant le diplôme de responsable produit et marketing de mode, voici dix ans. Il s'y était alors pris de passion pour le merchandising, que l'école développait tout juste dans ses cours, un « métier central dans l'industrie textile, alliant l'aspect commercial et rationnel avec le créatif ». Plus récemment, l'entrée de Marion Poisson à l'Institut est également le fruit d'un coup de cœur après un parcours d'architecture et d'agencement : « Je cherchais une formation pointue, et pas uniquement généraliste », note-t-elle.
À l'issue de la formation, quasiment tous et toutes trouvent chaussures à leur pied, chez des fabricants allant du haut de gamme au mass market. Marion est aujourd'hui styliste chez Azurée et Anthony, responsable merchandising chez Catimini. Le voilà d'ailleurs revenu à l'Institut sous la casquette d'intervenant. Preuve que l'école entretient aussi des liens durables avec le réseau des ancien·ne·s élèves.

Par Aurélie Verneau
rédactrice à la direction de la communication

Justine Hay : une sensibilité environnementale à fleur de chaussure

Justine HaySa passion pour le stylisme des chaussures, Justine la porte en elle depuis son enfance. À l’époque, déjà, elle était comme « obnubilée », s’amuse-t-elle aujourd’hui. Pourtant après son bac, c’est une prépa puis une école de commerce qu’elle intègre pour se spécialiser en marketing. Assistante achats pendant cinq ans, elle travaille aux côtés des stylistes, mais la création lui manque.

Décidée à revenir à ses premières amours, elle choisit de reprendre ses études. À 28 ans, elle met la main sur la formation de styliste modéliste chaussures à l’Institut Colbert, à Cholet. Là, elle plonge dans un rythme intense, enchaîne les projets. Et non des moindres : elle crée sa propre collection, la marque fictive Lagom aux accents scandinaves, empreinte de sensibilité environnementale. « On ne crée pas seulement des chaussures, mais aussi une histoire et une philosophie de marque. Je garde un souvenir très fort de la première chaussure que j’ai réalisée. C’est incroyable de passer du dessin à la réalité », se souvient-elle. En tout, elle confectionne quatre chaussures de A à Z, du dessin sur papier puis sur coquille, jusqu’à l’assemblage du prototype, en passant par le patronage, la découpe des pièces et le piquage, au cours de cette année. La voilà dignement préparée, alors que sa formation prend fin : « Cette année, je l’ai dédiée à cette formation. Cela n’arrive qu’une fois. »
Comment se voit-elle dans quelques années ? « Avec un peu de patience et d’humilité, j’aimerais créer ma propre marque. Car j’aime transmettre des valeurs, et penser la marque de façon globale », confie-t-elle.

► Télécharger le Lookbook de la marque fictive Lagom kids, élaborée par Justine, avec l'illustratrice Anne-Sophie Loret.


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