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Cécile Dejoux, professeure des universités au Cnam et lauréate du concours Femmes en vue

Publié le 17 octobre 2017 Mis à jour le 18 octobre 2017

Professeure des universités en science de gestion au Cnam, Cécile Dejoux a été choisie pour être l’une des « Femmes en vue » à l’occasion du concours lancé par l’association VoxFemina, visant à promouvoir les femmes expertes dans les médias.

© Dahmane

© Dahmane

Si vous n’avez pas encore entendu parler d’elle, sans doute avez-vous déjà eu vent - ou suivi ! - son Mooc (massive open online course) du « Manager au leader ». Spécialisée dans la formation par le numérique et l’innovation managériale, Cécile Dejoux a également créé en 2015 une chaire d’entreprise Learning lab Human Change, avec le cabinet Julhiet-Sterwen et SNCF, afin de réfléchir au futur du travail. Devenue l’une des 24 lauréates, parmi quelque 200 candidates, de la quatrième édition du concours Femmes en vue, elle analyse ce prix.

La création du concours Femmes en vue répond à une injustice : promouvoir les femmes alors qu’elles ne représentent que 18% des experts convoqués dans les médias. En quoi votre participation à ce concours vous semblait intéressante ?

Je pense que ce concours est intéressant à plusieurs titres.

En premier lieu, il n’est pas normal que si peu de femmes expertes soient présentes dans les médias. Je souhaite évidemment une égale représentation des femmes et des hommes.

Par ailleurs, parmi les candidates à ce concours, puis les lauréates, beaucoup étaient femmes d’entreprises, et très peu étaient enseignantes-chercheures. Nous ne sommes que deux dans ce cas parmi les lauréates ! Or il est important que nous soyons également représentées, car nous contribuons à créer des connaissances, que nous pouvons partager dans les médias. Cette mission est celle de tout le Cnam : établissement pluridisciplinaire, adossé à des laboratoires de recherches, il s’emploie à créer de la connaissance pour ensuite la diffuser à tous.

Dans ce cadre, cette réussite est pour moi l’occasion de délivrer un message, que je porte à travers le Learning lab, créé au Cnam, ainsi que dans mes livres, cours et conférences : comment changer la façon d’apprendre et d’innover avec le numérique.

Enfin, ma sélection à ce concours m’a permis de rencontrer des femmes en responsabilité et ainsi de valoriser le Cnam : développer la notoriété de l’établissement, étoffer son réseau, promouvoir les métiers auxquels il forme, tout en observant le fonctionnement des médias.

Vous avez développé votre expertise dans la formation par le numérique et l’innovation managériale. Ce qui vous a valu d’être classée n°1 des défricheuses et défricheurs qui font la France de demain par le magazine L’Opinion en 2014. Dans quelle mesure ces sujets sont-ils aujourd’hui centraux pour comprendre et évoluer dans notre société ?

Avec le numérique, de nouvelles pratiques ont émergé, qu’elles soient managériales ou dans le domaine de l’apprentissage. Mon travail vise notamment à acculturer et former les managers aux nouvelles compétences nécessaires pour maîtriser les métiers d’aujourd’hui et de demain et accompagner la mutation de la société.

L’innovation managériale est ainsi essentielle. Le Cnam s’est saisi de cette question en s’appuyant sur sa créativité, sa réactivité et l’innovation pédagogique, afin de repenser les pratiques en fonction des besoins des entreprises.

Le Conservatoire se doit d’être fer de lance du renouvellement des modes de travail. Grâce aux Moocs, il est aujourd’hui le leader de la formation par le numérique. D’ailleurs cette année, je lance le parcours « Du manager au leader » avec deux Moocs sur la plateforme France université numérique (FUN) : « Du manager agile au leader designer » (inscriptions dès le 1er novembre 2017) et « Manager augmenté par l’intelligence artificielle ? » (inscription dès le 8 janvier 2018).

Quelles sont selon vous les compétences que les managers d’aujourd’hui doivent posséder ?

Le manager doit acquérir cinq nouvelles compétences phares :

  • Numérique
  • Agilité (pour s’adapter aux nouvelles formes de travail)
  • Design thinking (penser différemment pour se transformer luimême)
  • Collaboratif
  • Travailler avec un système d’intelligence artificiel

Parce que celles-ci sont évolutives, nous avons aussi créé le learning lab Human Change, qui a pour but de réfléchir aux métiers de demain. En mars 2017, nous avons organisé [avec l’AGRH et Références RH, ndlr.] le premier hackathon académique, « Hackons les process RH », qui a permis de créer, d’innover et de trouver de nouvelles solutions RH. Cela ne s’arrête pas là : tout au long de l’année, j’y forme mes étudiants de master en Gestion des ressources humaines et transformations numériques et mes thésards. D’ailleurs, j’ouvre un nouveau cours en Foad « Digital RH » en février 2018 !


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